MVP – Lettre ouverte au Président Macron : « Le début de quinquennat de la pensée trop complexe » – N°1

Toulouse, le 29 juin 2017

Monsieur, Le Président,

Quand on est élu avec une abstention record, une envolée de bulletins nuls ou blancs, que l’on obtient la majorité à l’assemblée avec 57% d’abstention, on a un devoir de responsabilité, de protection des équilibres, des droits d’une opposition et de représentation des forces politiques au cœur de l’assemblée. Voire une exigence d’humilité.

Les institutions ne sont pas désincarnées : que croyez vous qu’il va finir par se passer si la nation constate de plus en plus la confiscation d’un pouvoir dans lequel elle se reconnaît de moins en moins avec une forme de dureté cynique voire de « doux » totalitarisme ? (…)

Il est insidieux car vos électeurs ne l’ont pas vu venir. Mais d’autres citoyens veillent.

Il semble que M Ferrand soit votre homme de main (élu à mains levées sans concurrent), doué pour les manoeuvres, à tel point, que vous sacrifiez sur l’hôtel de la moralisation, son népotisme légendaire et le reste. Il vous rend tant de services, encore récemment à l’assemblée : tous les postes clés ont été sciemment confiés à LREM (questeurs, président de l’assemblée, vices présidence) – Plusieurs usages sans préavis ont volé en éclats déclenchant une réaction vive de l’opposition et à juste titre. Prenez garde en les évinçant : vous méprisez d’un revers de main les citoyens qu’ils représentent.  Ceux qui sont inquiets, qui se taisent, qui se sont abstenus, qui n’adhèrent pas à votre politique (77% selon un sondage) : plus de la majorité du corps électoral. Les avez-vous compris ?

Je note au passage l’approche secrète de M Solère faux opposant, empêtré dans une affaire, pour un poste de questeur. Là-aussi, comme pour M Ferrand, vous avez fermé les yeux sur la moralisation promise en campagne. La fin justifie les moyens.

Vous savez  en position de force numéraire, on a bien plus de puissance et d’influence en partageant le pouvoir, surtout quand cela n’enlèverait rien à la marge d’action, à fortiori si l’on est réellement dans une logique de mise en commun des idées.

Les images de l’assemblée en crise hier sont inquiétantes : nous ne sommes qu’au début de votre quinquennat. Plusieurs députés ont déclaré : « quelle image que nous donnons » en demandant le respect de leurs droits ; « la promesse de campagne législative REM était d’entrer dans un nouveau monde : dans quel nouveau monde sommes-nous désormais ? » « M Ferrand vous êtes dans des calculs, sur des comportements qui n’appellent qu’un seul adjectif : petit » ; « nous sommes dans un déni de démocratie » ou dans un « retour à la quatrième république ». Les réactions de M Ferrand condescendantes parlant de bouderie, la blague et le rire déplacés de De Rugy – Président de l’AN, les applaudissements LREM appuyés au fil des débats n’ont été que mépris.

Les forts qui écrasent les faibles. Quelle utilité ? Le vrai style LREM serait-il l’humiliation ? Pire : l’indifférence.

Bientôt les ordonnances vont éviter le débat parlementaire sur le fond. Méthode que les français récusent. La boucle sera bouclée.

Pour finir, nous sommes nombreux à constater votre rapport aux médias, une prise de distance, pourquoi pas… Quoiqu’en campagne leur proximité charmeuse dérangeait moins. Mais un évitement, une mise à l’écart … Prenez garde : être questionné par la nation à travers la presse est un marqueur d’hygiène démocratique. N’oubliez pas le tiers des électeurs qui vous a élu, votre siège que dis-je le trône de Jupiter vous a été donné : on a donc le droit de vous demander des comptes, de vous poser des questions sur vos revirements de politiques, vos assouplissements. Mais cela n’est plus votre sujet… Et puis avec votre « pensée trop complexe », nous ne sommes plus au niveau, si bien que la conférence de presse du 14 juillet n’a plus court – dixit l’Élysée.

Lundi, vous allez vous exprimer devant le congrès avant votre premier ministre, à Versailles. Folle dépense avec le trou dans les comptes publics de 9 milliards (vous étiez ancien ministre à l’économie ?). J’espère que vous avez de bonnes raisons. Car comme le dit un journaliste « trop de président jupitérien. Tue ». Les citoyens voulaient un président et non un monarque impérial perché dans les nuages de l’olympe.

J’en termine. Un homme politique vous a alerté : « quand les français se rendront compte qu’ils ont mis au pouvoir tout ce qu’ils ne voulaient pas… Il faudra se méfier de la colère du peuple car on ne se moque pas du peuple longtemps ».

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