Quelle réforme possible pour la directive UE relative aux travailleurs détachés ?

« L’Europe peut-elle sortir de sa contradiction ?

La première tentative de révision de la directive, avorté en 2016, prévoyait de payer les salariés à un niveau de rémunération équivalent aux collègues nationaux, en fonction de leurs compétences y compris avec tous les avantages (13 e mois par exemple).

Levée de bouclier de 11 pays taxant les autres de protectionnisme. Difficile d’assécher la vache à lait. Et quelle ironie ! Alors qu’ils profitent allègrement du système, comment reprocher aux pays désavantagés de vouloir se protéger ? Le protectionnisme serait une mesure rétrograde. Or dans certaines situations, c’est du bon sens.

  • Le président Macron a demandé une nouvelle étude de la révision en 2017, il veut notamment : limiter le détachement à 11 mois, renforcer la lutte contre la pratique des « boîtes aux lettres », inclure le secteur routier.

Passe d’armes musclée avec la Pologne (…)

Macron (Point Presse à Varna – Bulgarie) :

Concernant son refus de revoir la directive : Il s’agit d’« une nouvelle erreur ». « La Pologne n’est en rien ce qui définit le cap de l’Europe », « Le peuple polonais mérite mieux que cela ». La Pologne « se met en marge » et « décide d’aller à l’encontre des intérêts européens sur de nombreux sujets ». Or, « l’Europe s’est construite pour créer de la convergence, c’est le sens même des fonds structurels que touche la Pologne »

La première ministre souverainiste, Beata Szydlo :

« L’arrogance d’Emmanuel Macron est sans doute due à son inexpérience ». Le chef de l’État français ne pourra décider seul de l’avenir de l’Europe. « Je conseille à M. le président qu’il s’occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne » « M. Macron… la Pologne est membre de l’Union européenne au même titre que la France ».

 « Ce n’est ni le président de la France ni aucun autre dirigeant qui décidera personnellement de l’avenir de l’Europe, mais l’ensemble des membres de la communauté. (…) Nous avons les mêmes droits que la France, que les autres pays membres ». Point final.

On n’est pas sorti de l’auberge. Ne pas s’étonner ensuite de la montée des nationalismes extrêmes alimentés par l’échec de l’Europe à mettre en musique des règles pragmatiques et équitables.

kak-europe_temporise_pays

L’Europe entretient en plus son immobilisme par les règles de ratification, la majorité qualifiée devra être obtenue pour réviser la directive.


Bilan : l’Europe peut-elle être le bouclier souhaité par Macron ? Dès lors que les intérêts locaux priment sur l’intérêt européen et que certains mangent goulûment la partie sucrée du gâteau.

L’Europe n’est-elle pas allée trop vite dans sa volonté fédérale d’uniformiser les politiques nationales sans prévoir des mécanismes protecteurs ? En s’élargissant à des pays ayant une maturité et une approche politique opposées ?

Viendra le temps, où elle aura à se pencher à nouveau sur l’idéal européen : ses fondements, sa vocation, son périmètre. Car nous sommes en 2017, les défis ne sont plus ceux du début de la construction européenne. La Grande Bretagne, elle, a déjà fait son choix.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s