Macron dévisse dans les sondages : chronique d’une déchéance annoncée

Le JDD publie ce 27 août 2017 un nouveau sondage qui confirme la tendance repérée par l’IFOP pour le Figaro le 9 août : 40% de satisfaits soit – 14 points en à peine un mois. Une perte de plus de 20 points depuis l’élection.

Une majorité de Français se disent mécontents de son action : 57%, donc 20% de très mécontents. La rentrée de septembre va être mémorable.

Faire pire que François Hollande revient à tomber dans les abysses de l’impopularité et paraissait impossible… Macron, deviendra-t-il le président le plus détesté de la Ve république ? C’est à craindre.

Cette rupture de confiance était pourtant prévisible dès l’élection car il n’y a jamais eu d’état de grâce. Elle s’est ensuite accélérée pour diverses raisons. Quelle sera la suite ?

Voici la chronique d’une déchéance annoncée.

Pour commencer, en Marche se revendique « ni de gauche, ni de droite ».

Les propositions Macron empruntent pourtant à l’un comme à l’autre ou se situe dans le vide abyssale du flou par cette formule qui résume tout « en même temps ». Le macronisme peut affirmer une chose et son contraire voire théoriser le  néant à tel point que l’on ne sait plus vraiment à quel sein se vouer. En Marche a-t-il réellement construit une force politique alternative ?

On constate un coup de balancier bien inégal entre des mesures de droite, s’il faut raisonner avec les anciens partis, et des mesures de gauche.

Les premières s’appliquent immédiatement (baisse des APL, de l’ISF, jour de carence chez les fonctionnaires, hausse de la CSG…) et les autres, marqueurs forts de la campagne qui ont séduit et attiré des électeurs, attendront, saucissonnées dans le temps : suppression de la taxe d’habitation, baisse des cotisations salariales par exemple. Il y a de quoi se sentir floué.

Le tout dans une action qui manque de clarté, de liant, de pédagogie. D’empathie. De communication.

Le cap du gouvernement n’est pas clair, à tel point que l’on s’interroge sur ses vraies motivations. Sert-il d’autres intérêts ? Européens ? Oligarchiques ? Le couac de certaines annonces (APL – Nationalisation), a donné le sentiment d’une impréparation. Mais la règle de 3% de Bruxelles, elle, est bien réelle. Tyrannique.

Le président alors qu’il souhaite engager des réformes déterminantes a choisi de se couper de la nation, en ne s’adressant plus à elle directement, par des conférences de presse, des interviews. Dangereux. Lui qui veut gérer la France comme une startup, il devrait savoir que la base du changement réussi, est le changement accompagné, expliqué et qui traite les appréhensions.

La communication se réduit à un empilement de photos carte postale où le président a fini par donner le sentiment de se déguiser, de se divertir. Certains lui demandent maintenant d’enfiler le costume de président. De cesser de rencontrer des peoples pour leur distribuer nos impôts alors qu’il demande des efforts.

N’oublions pas cette élection. Le gouvernement Macron est-il légitime ? Oui, sur le papier. Sur les 24% qui ont voté Macron combien ont exprimé un vote d’adhésion  ? Et non, contre MLP ? Rappelons le taux d’abstention et de bulletins nuls. Même aux législatives : 57 % d’abstention après un marathon électoral sans précédent.

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En Marche revendique sa légitimité démocratique par le verdict des urnes. Quelle folie ! A cette minute, le vrai travail de ce parti commençait et devait rassembler une nation fracturée, prendre les responsabilités avec humilité.

Elle s’est enfermée dans sa tour d’ivoire conquérante. Et cette fracture la rattrape. (Suite : ci-dessous).

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Sont venues ensuite les désillusions. En marche avait promis de laver plus blanc que blanc : la moralisation. Belle arnaque. Que d’attente de la part des français lassés par les scandales à répétition, les corrompus, les profiteurs du système abusant de leurs impôts.

La valse a commencé sans s’arrêter : Ferrand en tête, Bayrou, Sarnez, Mercier, Goulard, scandales Penicaud… Suspicion au coeur du système En Marche. Macron a tardé à arbitrer. Trop tarder. Pire, Ferrand est déplacé à l’assemblée nationale et devient président du groupe (Bravo !) en lui faisant miroiter la présidence de l’AN à mi-mandat pour s’en débarrasser.

Manque de courage : des électeurs inconscients l’ont élu député et le président lui donne un petit royaume. Un homme d’état peut-il gouverner par amitié ?

Bilan : 4 ministres démissionnaires (Bayrou, Ferrand, Sarnez, Goulard) et bientôt le chef d’état major De Villiers.

L’affaire De Villiers est venu révéler le caractère de ce président maladroit et autoritaire lorsqu’il est sous pression, oubliant le B.A BA des techniques de management si chères à ses yeux, recadrant pour des raisons très discutables le CEMA devant la nation et ses soldats pour s’être exprimé devant les députés comme le permet la constitution. Avec vigueur et termes fleuris, certes. Mais il n’a fait que dénoncer, par devoir les risques sécuritaires de la coupe gigantesque dans le budget de l’armée ; qu’il avait par ailleurs apprise, comme nous, dans tous dans les journaux la veille d’un 14 juillet. La communication, encore et toujours : en crispant, on doit s’attendre à de vives réactions.

Castaner, rancunier, téléguidé par Macron ira même par revenir à la charge pour critiquer, une mise en scène, à son sens, de son départ sous les applaudissements. Que voulaient-ils ? Le virer sèchement, par démonstration d’autorité ?

Cet épisode a été très négatif en pleine période de lutte contre le terrorisme, nous devons beaucoup à l’armée. Une autre approche était possible.

L’avènement d’un président Jupiter. A se demander si Macron n’est pas frappé du syndrome de l’imposteur pour se mettre si souvent en scène. Redorer la fonction présidentielle, oui, mais devenir un monarque perché dans l’olympe. Non. Les sondages le font donc redescendre.

Petit à petit, un comportement monarchique est apparu, Jupiter, Napoléon, Toutankamon, roi soleil… Le roi parle quand il veut, se dérobe à la critique, convoque le faste de la république même à l’international en reçevant des dirigeants controversés.

S’offre au passage une facture de 26 000 euros de maquillage en 3 mois… Et voulait offrir à sa déesse un statut de première dame avec un budget ; au moment même où il souhaitait l’interdiction des emplois familiaux et la suppression de la réserve parlementaire des députés. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Mais n’est pas Jupiter qui veut. Il flanche et nous parle des gens qui ne sont rien, ironise sur les kwassas-kwassas : voilà que la carte du monde et la vision sociale du président font irruption dans le domaine publique. Ce jeune homme est-il si parfait ? (cf. Livre A. Fulda / Article MVP :  » Les gens qui ne sont rien selon Macron « ) Si empathique et ouvert sur la condition humaine ?

Pas de surprise, déjà des dérapages quand il était ministre et en campagne. Alors, Président…

Et l’assemblée nationale. Doit-on pardonner ad vitam æternam la virginité des députés « En Marche » ? Jusqu’à quand.

Quel triste spectacle à l’assemblée de l’amateurisme voire de l’incompétence de ces députés dans leur majorité : incidents de séance, votes mal comptabilisés, séances chaotiques, maltraitance de l’opposition… Le mois de juin a été critique. Comment l’élaboration fiable des lois peut-elle être garantie avec un processus si perturbé ?  Les députés ont été sommés de partir en vacances avec leur cahier d’été. Dans un sitcom, cela ferait sourire. Notez bien, Il y aura un temps pour l’apprentissage mais s’il perdure, ce sera signe d’incompétence.

En Marche a été davantage une opération marketing, de conquête du pouvoir. Elle n’était pas préparée à gouverner. Le pays pour se redresser peut-il se payer le luxe de l’inexpérience ? D’avoir une majorité présidentielle Godillot ?

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La promesse fausse d’une démocratie renouvelée.

La nation a commencé à observer ce président capricieux, autoritaire, de postures, qui s’éloigne en ne communiquant plus. Même son propre parti le constate : mépris, arrogance, manque d’écoute… Des adhérents, « les marcheurs en colère », frondeurs réunis en collectif puis en association dénoncent les dérives, prêts à aller en justice (cf. Article MVP : « Les dérives du parti En Marche« ).

Ce serait banal s’il n’avait pas promis une démocratie participative où le peuple serait entendu, écouté avec des valeurs de bienveillance et de partage. Illusion. Sentiment de trahison.

Lors du débat présidentielle, il s’exclame pour tacler MLP : « poudre de perlimpinpin ». L’hôpital s’est moqué de la charité.

La méthode de révision du code du travail par ordonnance est davantage vue comme le contournement du débat parlementaire afin de faire passer en force des revendications patronales de longues dates. Méthode rejetée par les français aux mains d’un Président partisan qui ne rassure pas, menant à pas de course une vraie régression sociale sous le prétexte falsifié du défaut de croissance.

La presse qui a porté aux nues ce président, et qu’il a lui aussi courtisé, est mis au banc de ce quinquennat : règlement de comptes.

Mais enfin, nul n’est propriétaire du poste de président, il a été « élu », il a des comptes à rendre et doit être interrogé sans choisir les questions, les sujets, les journalistes ou fermer la porte de l’Élysée. Or c’est ce qui se passe.

Même les ministres sont mis à la diète médiatique. Comment veut-il que nous comprenions l’action du gouvernement et que nous la contrôlions ? C’est un droit. Mais est-ce son sujet ? Sa pensée trop complexe nous dénie toute intelligence et son fort besoin de contrôle le perdra.

Edouard Philippe. Que dire… Un élu quasiment inconnu devient premier ministre. Bien. Mais voilà un homme d’état qui manque de charisme, de densité. Une connexion ne se fait pas avec la nation.

Il ose dire « je ne sais pas » « je n’ai pas tous les chiffres en tête » en pleine interview à plusieurs reprises ; donnant une impression de fragilité.

Macron ne lui donne pas non plus la possibilité de prendre une dimension. Les conseillers de Matignon sont les mêmes qu’à l’Élysée. Il est dit que Macron met une forte pression sur les ministres et leur cabinet, par SMS. Philippe est un collaborateur exécutant la parole du monarque.

 

Quelque chose ne fonctionne pas au sein de l’état. Et les sondages parlent d’eux même.

Comment cela se pourrait-il ? Avec un Président qui se déguise, ne communique pas, ne délègue pas, au service d’autres intérêts (européens, financiers, patronaux, personnels), avec une appétence pour un pouvoir monarchique et le culte de sa personne, une vision sociétale bien à lui, une politique contradictoire et parfois injuste, qui demande finalement des efforts et bien plus tard des équilibrages aux plus défavorisés mais fait des cadeaux à l’élite. Tout cela bien loin du produit « En Marche », agité pour arracher le pouvoir.

Je vous réponds : cela ne peut pas « marcher ». Si cette trajectoire se maintient, nous allons entrer dans une phase de crise.

Macron en révélant une mentalité de petit chef, démontre également son inexpérience, son manque de compétence à pouvoir « manager » le cœur du pouvoir.

Le costume de président est un déguisement bien trop large, bien trop lourd, pour lui. Le seul qu’il ne parviendra pas à porter.

MVP

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